20261012
Et voila, premier week-end de compétition.
Midi a fait sa première. Le stress, l’attente et l’envie de faire bien étaient bien présents. On regarde Papa, on essaie, on se donne.
Matchs gagnés, matchs perdus. Peu importe en réalité. Le plus important se trouve ailleurs : la sensation de se dépasser, de voir autre chose, de faire autrement, de montrer à son parent ce qui est possible, de créer du lien avec les autres enfants présents qui sont déjà passés par là, revenir plus tard sur ce qui a été et ce qui doit être retravaillé, sentir l’épée, sentir l’adversaire, sentir le score et le timing.
Tout cela, c’est nouveau. Les semaines normales, rien de tout cela n’apparait. Il pense gagner; il est dans les anciens. Mais cela ne suffit pas; il en faut plus : ne pas succomber à la peur et à la pression, rester dans le jeu, ne pas douter.
C’est une expérience pour lui.
Moi, j’ai véçu cela il y a deux ans avec Maxi. Cela reste pregnant car il doit expérimenter puis construire et enfin consolider, que ce soit en bon ou en mauvais.
Cela, je sais que je ne peux pas le faire à sa place. Je peux l’y aider, lui donner les conseils, ou même le pousser. Mais une partie lui appartient. C’est cela qu’il doit apprendre. Et j’ai envie de le lui laisser.
Retour le lendemain avec Maxi.
Parti trop tôt, nous avons attendus avant le début plus d’une heure.
Cela m’a permis de voir que Maxi n’est pas encore un adolescent. Il y arrive petit à petit mais pas encore.
Le temps viendra : je le sais. Je profite entre temps de cet espace savoureux et de connexion. J’ai envie que cela se prolonge (mais pas éternellement, non).
Bientôt, il démarre : 6 matchs. Je suis à ses côtés : chaque match, je suis là. Je ne peux rien dire. Je ne suis probablement pas la meilleure personne pour faire des commentaires. Il est seul sur la piste.
Je me demande si, en réalité, le combat est plus contre lui que contre l’autre. Il fait des beaux tirs; l’autre aussi.
Au final, deux victoires sur six matchs. Ce n’est pas terrible. Nous ne sommes pas tous des champions.
Il était assez confiant au départ. Il l’est un peu moins actuellement.
Les résultats tombent : il continue dans le tableau.
Sauf que je vais me rendre compte, que je n’ai pas compris le fonctionnement du tableau. Je ne suis pas le seul. L’entraineur nous explique à moitié. Ce n’est pas hyper clair mais je me fais un schéma en tête : l’idée est que les enfants tirent un maximum en ayant quand même des gagnants à la fin de la journée.
Le système est bizarrement construit mais soit, c’est ainsi.
Nous revoilà donc parti pour des matchs supplémentaires.
Maxi rentre plus dans les matchs. Je sens le sérieux, l’envie et peut-être même de la hargne. Chaque attente est un supplice car il ne faut pas sortir de la compétition.
Il en a envie. Il me demande. Je lui refuse. Non, ce n’est pas le moment. Je me rendrais compte que d’autres enfants gèrent cela autrement. À repenser car nous sommes là pour s’ammuser avant tout (même si, soyons honnête, une victoire sur le podium est toujours plaisante).
Paf ! Il tombe. Il se fait mal. Il ne bouge pas. Il ne pleure pas.
Son pied, juste son pied. Est-ce que cela va aller ? Va-t-il pouvoir continuer ? Quid de sa rééducation ?
L’arbitre lui accorde 5 minutes maximum de repos. L’adversaire prend l’affaire calmement. Maxi a l’air d’aller bien. Il se remet sur pied. Fausse alerte ! Ouf !
Il continue. Il finit son match.
Encore un autre. L’entraîneur vient le conseiller.
Maxi a compris ce qu’il doit faire. Dans l’action, il n’a pas facile à rester concentrer sur les conseils.
8-8
Le match se finit au premier à 10. L’entraineur lui rappelle ses conseils. Cela ne suffira pas. Il perd pied et veut attaquer. L’adversaire marque un point : 9-8.
On rappelle la technique et il repart. Il avance, il fente et … l’adversaire marque le point : 10-8.
C’est fini pour aujourd’hui. C’est décevant car il aurait pu aller plus loin; en tout cas, d’un cran.
Il est content de lui; je suis content aussi.
Il est fatigué; moi aussi.
Je veux rentrer; je pense que lui aussi.
Retour à la maison après 60 minutes de voiture.
Je suis lessivé. J’ai hâte de me poser sauf que la vie de famille ne s’arrête pas là. Nous reprenons la route à quatre pour notre dernière activité de la journée.